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Ford · · 3 min de lecture

Le Mans 1966 : Ford contre Ferrari, ce qui s'est passé

Du refus d'Enzo Ferrari au triplé Ford sur la ligne d'arrivée : comment la GT40 a gagné les 24 Heures du Mans 1966, et pourquoi la victoire fit polémique.

Le Mans 1966 : Ford contre Ferrari, ce qui s'est passé

Les 18 et 19 juin 1966, trois Ford GT40 franchissent la ligne d'arrivée des 24 Heures du Mans côte à côte, dans l'ordre. Pour un constructeur américain, c'est la première victoire dans la plus grande course d'endurance du monde, et la fin de six années de domination Ferrari. L'histoire commence pourtant par un échec de négociation.

Un rachat manqué et une revanche

Au début des années 1960, Ferrari domine Le Mans mais ses finances sont fragiles. En 1963, Ford entame des discussions pour reprendre la firme de Maranello. Le projet échoue, selon la version la plus répandue, sur la question du contrôle du service course, qu'Enzo Ferrari refuse de céder. Henry Ford II prend l'affaire comme un affront et décide de battre Ferrari sur son propre terrain : l'endurance.

Ford lance alors un programme de voiture de course, la GT40, dont le nom rappelle sa hauteur, 40 pouces, soit environ un mètre. Les premiers essais sont décevants. En 1964 et 1965, les voitures sont rapides mais fragiles : les abandons s'enchaînent, boîtes de vitesses et transmissions en tête.

Shelby, le 7 litres et la préparation

Ford confie une partie du développement à Carroll Shelby, ancien vainqueur du Mans en 1959 comme pilote. L'équipe Shelby American fiabilise la voiture, tandis que l'ingénierie de Ford monte dans la GT40 Mk II un V8 de 7 litres, d'une puissance bien supérieure à celle des Ferrari. Le pilote Ken Miles, mécanicien de formation, aide à corriger les défauts de freinage et de tenue de route.

Pour 1966, Ford aligne huit voitures officielles ou assimilées, dont plusieurs Mk II. La stratégie est claire : user les Ferrari en leur imposant un rythme que leurs mécaniques ne peuvent pas suivre pendant vingt-quatre heures.

Le déroulé de la course

Le plan fonctionne. Les Ferrari de tête abandonnent les unes après les autres, et à la tombée de la nuit les Ford occupent le haut du classement. Au matin, la course est jouée : seule la question de l'ordre d'arrivée reste ouverte.

Trois Mk II se présentent ensemble pour le final. La voiture de Ken Miles et Denny Hulme a mené une grande partie de l'épreuve. Mais les dirigeants de Ford souhaitent une photographie d'arrivée groupée, que les voitures franchissent la ligne de front.

Une victoire qui fait polémique

Le règlement tranche en faveur de la voiture de Bruce McLaren et Chris Amon. Partie plus en retrait sur la grille, elle a parcouru, au total, une distance légèrement supérieure à celle de la voiture de Miles. Ce dernier, qui aurait pu devenir le premier pilote à gagner Daytona, Sebring et Le Mans la même année, doit se contenter de la deuxième place. La troisième voiture, pilotée par Ronnie Bucknum et Dick Hutchinson, complète le triplé.

Ken Miles meurt à peine deux mois plus tard, en août 1966, lors d'essais d'un prototype Ford à Riverside, en Californie. La polémique sur l'arrivée groupée n'a jamais vraiment disparu.

Ce que ça change

Ford gagne ensuite Le Mans en 1967, 1968 et 1969, ce qui fait de la GT40 l'une des voitures les plus titrées de l'endurance. Pour Ferrari, l'épisode relance une rivalité qui nourrit encore l'histoire de la marque, que détaille la fiche Ferrari. Pour l'automobile américaine, c'est la preuve qu'elle peut réussir en Europe sur un terrain où elle n'était pas attendue.

L'image qu'on en garde

Ce qui reste de 1966, c'est une silhouette basse et large, une ligne d'arrivée et trois voitures groupées dans la lumière du matin. Une image de victoire, mais aussi d'une décision discutable, ce qui explique pourquoi on en parle encore soixante ans plus tard.

Les affiches Ford de la boutique prolongent cette histoire, de la GT40 aux modèles de route plus récents.

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