Pagani · · 3 min de lecture
Zonda (Pagani) : histoire, caractère et évolution
De la C12 de 1999 aux séries limitées, retour sur la Zonda, la supercar artisanale d'Horacio Pagani et son V12 d'origine AMG, construite pendant plus de dix ans.

Une supercar née dans un petit atelier de Modène, signée par un ingénieur argentin, et devenue en quelques années une référence du genre. La Zonda a fait d'un nom inconnu en 1999 l'un des plus respectés de l'automobile d'exception.
Qui elle est
La Zonda est la première voiture de Pagani Automobili. Elle est présentée au Salon de Genève en 1999 sous le nom de Zonda C12. Son créateur, Horacio Pagani, est né en Argentine et a travaillé chez Lamborghini, où il s'est formé aux matériaux composites. Le nom vient d'un vent chaud et sec qui souffle sur les contreforts des Andes, dans l'ouest de l'Argentine. Le moteur est un V12 fourni par Mercedes-AMG, placé en position centrale arrière, un choix qui restera la signature de la marque.
Histoire et évolution
La C12 d'origine adopte un V12 de 6,0 litres. Dès 2000, la C12 S passe à 7,0 litres, puis la gamme s'étoffe au fil des années : la F, en 2005, reprend la base et la perfectionne, avec davantage de puissance et un meilleur équilibre aérodynamique. Le modèle existe en coupé et en roadster. Chaque évolution s'accompagne de retouches de carrosserie, de réglages de châssis et de nouvelles finitions, sans jamais rompre avec la silhouette de départ.
Caractère et famille
La Zonda se distingue par un travail d'artisan. Le carbone y est omniprésent, l'habitacle mêle aluminium usiné et cuir, et chaque exemplaire est assemblé à la main en très petite série. Le V12 d'origine AMG est atmosphérique : il monte haut dans les tours, avec une sonorité nette et sèche. Les versions se sont multipliées : la Cinque, en 2009, limitée à quelques exemplaires et allégée par un carbone-titane, puis la Tricolore, réalisée en 2010 en hommage à la patrouille acrobatique italienne.
Faits marquants
La Zonda R, dévoilée en 2009, est une version réservée à la piste. Elle n'est pas homologuée pour la route et a établi un temps de 6 min 47 s sur la Nordschleife du Nürburgring, un chrono resté une référence pour une voiture de ce type. Son V12 de 6,0 litres, dérivé de celui d'AMG, avait été retravaillé pour la compétition. La Revolución, en 2013, prolonge cette logique avec un habillage encore plus extrême. La Huayra succède à la Zonda en 2011, mais la Zonda a continué d'exister sous forme de modèles uniques commandés par des clients, bien après la fin de sa série normale.
Design et ce qu'elle représente
La silhouette tient en un trait : une cabine ronde, très vitrée, une proue basse et un arrière court. Le détail qu'on reconnaît d'emblée est le groupe de quatre sorties d'échappement, centré à l'arrière, qui ressemble à un faisceau de tuyaux d'orgue. Le style assume des courbes là où ses rivales de l'époque choisissaient des plans tendus, ce qui la rend lisible de profil comme de trois quarts. Elle représente aussi une idée simple : une petite manufacture peut rivaliser avec les grandes maisons si elle soigne chaque pièce.
Pour replacer la Zonda dans son époque, on peut lire le portrait d'une autre voiture de la même génération, la Huracán de Lamborghini, ou revenir à la rivalité entre Ferrari et Lamborghini, qui a défini le paysage de la supercar italienne.
Les amateurs de lignes courbes et de carbone trouveront de quoi orner un mur dans la sélection dédiée.


