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Lamborghini · · 3 min de lecture

Sant'Agata Bolognese : le lieu, son histoire et son ambiance

Village de la plaine émilienne devenu le berceau de Lamborghini. Usine, musée, Motor Valley : pourquoi un tractoriste a choisi ce coin de campagne en 1963.

Sant'Agata Bolognese : le lieu, son histoire et son ambiance

Sant'Agata Bolognese est un village de quelques milliers d'habitants, posé dans la plaine au nord-ouest de Bologne, entre champs de blé, rangées de peupliers et fossés d'irrigation. Rien, dans le paysage, ne laisse deviner qu'on se trouve à l'adresse de l'une des marques automobiles les plus connues du monde. C'est pourtant ici que Ferruccio Lamborghini a décidé, en 1963, de construire son usine.

Le choix d'un industriel venu du tracteur

Ferruccio Lamborghini ne venait pas de l'automobile. Il avait fait fortune avec des tracteurs, puis avec des systèmes de chauffage et de climatisation, à quelques kilomètres de là, du côté de Cento. Lorsqu'il décide de fabriquer ses propres voitures de sport, il achète un terrain agricole à Sant'Agata, à une vingtaine de kilomètres de Maranello. La proximité est voulue : le territoire regorge de mécaniciens, de carrossiers et de fondeurs formés par les ateliers voisins. Pour comprendre ce qui a motivé ce défi, on peut relire la rivalité Ferrari-Lamborghini, et comparer avec Maranello, la commune d'en face.

Une usine née au milieu des champs

Le premier bâtiment, sobre et fonctionnel, sort de terre en 1963-1964. Les premières 350 GT y sont assemblées dès 1964. Depuis, le site s'est étendu par strates successives : nouveaux ateliers, bureaux d'études, centre de style, piste d'essai attenante. La Miura, la Countach, la Diablo, la Murciélago, la Gallardo puis la Huracán y ont été produites. L'Urus, premier SUV de la marque, dispose lui aussi de sa propre ligne sur le même site, ce qui a nécessité un important agrandissement au cours des années 2010.

Un musée dans l'enceinte de l'usine

Le Museo Lamborghini, ouvert en 2001 et rénové depuis, occupe un bâtiment à l'intérieur même du périmètre industriel. On y voit des modèles de série, des prototypes et des moteurs présentés comme des sculptures, ainsi que des témoignages sur l'histoire de l'entreprise, y compris sa période de tracteurs. Le visiteur peut aussi, sur réservation, parcourir une partie des ateliers : le travail du cuir, l'assemblage des moteurs, la finition des carrosseries en carbone.

La Motor Valley en toile de fond

Sant'Agata appartient à ce que l'on appelle la Motor Valley, un territoire d'Émilie-Romagne où cohabitent Ferrari, Maserati, Pagani, Ducati et plusieurs ateliers de préparation. Cette concentration n'a rien de mystérieux : mêmes écoles techniques, mêmes sous-traitants, mêmes générations d'ouvriers qui passent d'une maison à l'autre. Le paysage, lui, reste étonnamment calme. Les routes sont droites, la lumière du soir rase les champs, et les rares sons mécaniques qui traversent le village viennent des essais autour de l'usine.

Pourquoi le lieu marque visuellement

Ce qui frappe à Sant'Agata, c'est le contraste entre l'échelle rurale du village et la réputation de ce qu'on y fabrique. Les bâtiments bas et clairs de l'usine se découpent sur un horizon plat, et la couleur vive d'une voiture qui sort de l'enceinte devient, par contraste avec le vert et l'ocre des cultures, un signal immédiat. C'est ce décalage, plus que n'importe quel décor spectaculaire, qui donne au lieu son caractère : un terrain agricole transformé par la seule volonté d'un homme qui voulait faire mieux que ses concurrents.

Sant'Agata Bolognese reste l'endroit où chaque Lamborghini commence sa vie, avant de partir vers une route, un circuit ou le mur d'une chambre.

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