Nissan · · 3 min de lecture
GT-R (Nissan) : histoire, caractère et évolution
De la Skyline Hakosuka de 1969 à la R35 et son V6 biturbo, retour sur la lignée GT-R de Nissan : technique, surnom de Godzilla et générations clés.

La GT-R n'est pas une voiture mais une lignée. Depuis 1969, Nissan réserve ce sigle à ses versions les plus abouties techniquement, d'abord sous le nom de Skyline, puis en modèle à part entière. Quatre décennies plus tard, le nom évoque toujours la même idée : une berline-coupé de grande série, poussée à un niveau de performance de supercar.
Qui elle est
GT-R signifie Gran Turismo Racing. Le sigle apparaît en 1969 sur la Skyline GT-R, dite PGC10, une berline à quatre portes dotée du moteur S20, un six-cylindres de 2,0 litres à double arbre à cames, dérivé de la compétition. Elle développe environ 160 chevaux, ce qui est considérable pour l'époque, et gagne rapidement en course au Japon. Le surnom de « Hakosuka », la « boîte Skyline », lui est resté.
Histoire et évolution
Un coupé, la KPGC110, suit en 1973, mais la crise pétrolière met fin à sa carrière après un très petit nombre d'exemplaires. Le nom disparaît ensuite pendant seize ans.
Le retour se fait en 1989 avec la R32. Elle reçoit le RB26DETT, un six-cylindres en ligne de 2,6 litres à deux turbocompresseurs, annoncé à 280 chevaux selon l'accord informel entre constructeurs japonais de l'époque. Elle ajoute une transmission intégrale pilotée, l'ATTESA E-TS, et des roues arrière directrices. En compétition, elle domine le championnat japonais des voitures de tourisme et s'impose à Bathurst, en Australie. La presse locale la surnomme alors « Godzilla », un nom que Nissan a gardé.
La R33 arrive en 1995, plus grande et plus stable, puis la R34 en 1999, plus compacte et plus tendue, avec un affichage multifonction au centre du tableau de bord qui marque les amateurs de jeux de course. Pour une autre histoire de lignée passée de la piste à la route, on peut lire la naissance de la 911.
Caractère et famille
Les GT-R Skyline ont en commun un six-cylindres en ligne turbo, une transmission intégrale et une marge de réglage très large : le moteur RB26 supporte sans difficulté des puissances nettement supérieures à celles d'origine, ce qui a nourri une culture de préparation durable, au Japon comme ailleurs.
La R35, présentée au Salon de Tokyo en 2007, rompt avec cette recette. Le nom Skyline disparaît, le moteur devient un V6 3,8 litres biturbo, le VR38DETT, et la boîte à double embrayage est placée à l'arrière, avec la transmission intégrale. Elle débute autour de 480 chevaux.
Faits marquants
La R35 s'est imposée par ses chronos, notamment sur le Nürburgring, où Nissan a fait de ses temps un argument central. Sa mise au point s'est étendue sur plus de quinze ans : la puissance est montée par paliers, jusqu'à environ 570 chevaux sur les versions Nismo, et la voiture a gagné en finition intérieure sans changer de silhouette. Sa production s'est achevée en 2025, ce qui clôt, pour l'instant, l'histoire du modèle.
Design et ce qu'elle représente
Le dessin de la GT-R tient à quelques détails constants. Les feux arrière ronds, par paires, sont repris depuis la Skyline des années 1970 et se retrouvent encore sur la R35. Les ailes sont musclées, les lignes courtes et verticales. La R32 reste la plus sobre, la R34 la plus anguleuse, la R35 la plus large et la plus massive.
Elle représente un type de sportive rare : une voiture de tous les jours devenue référence mondiale, bâtie sur l'ingénierie plus que sur le prestige d'un nom.
Les formes de la GT-R, de la Hakosuka à la R35, se prêtent bien à l'encadrement mural.


