Porsche · · 3 min de lecture
La naissance de la 911 : ce qui s'est passé en 1963-1964
Du dessin de Butzi Porsche à la 901 de Francfort, puis au changement de nom imposé par Peugeot : comment la 911 est née, étape par étape.

En septembre 1963, au Salon de Francfort, Porsche dévoile une voiture destinée à remplacer la 356, qui fait vivre la marque depuis le début des années 1950. Personne ne le sait encore, mais ce coupé deux plus deux inaugure la lignée sportive la plus longue de l'histoire de l'automobile. Elle ne s'appelle d'ailleurs pas encore 911.
Remplacer la 356
La 356 a fait la réputation de Porsche, mais elle vieillit. Ses origines remontent à l'après-guerre, son habitacle est exigu et son moteur quatre cylindres arrive au bout de ses possibilités. Ferry Porsche, qui dirige l'entreprise, veut une voiture plus spacieuse, capable d'accueillir deux places arrière d'appoint, sans renoncer au caractère sportif de la maison. Le projet interne porte le numéro de type 754.
Le dessin de la carrosserie est confié à Ferdinand Alexander Porsche, surnommé Butzi, petit-fils du fondateur. Il propose une ligne tendue, un toit en pente douce qui file jusqu'à l'arrière, de grandes surfaces vitrées et des phares ronds posés dans les ailes avant. Il rejette l'ornement : la forme doit suivre la fonction. Plusieurs maquettes précèdent la version retenue.
Un six cylindres à plat à l'arrière
Sous le capot arrière se trouve la vraie rupture : un six cylindres à plat refroidi par air, d'environ deux litres, qui remplace le quatre cylindres de la 356. Il développe autour de 130 chevaux, ce qui place la nouvelle venue nettement au-dessus de sa devancière. Le moteur reste en porte-à-faux arrière, un choix d'architecture que Porsche ne cessera plus de défendre et de raffiner.
Cette configuration donne à la voiture son comportement si particulier, très communicatif, parfois exigeant, que les essayeurs de l'époque décrivent à longueur de pages. Elle explique aussi pourquoi les ingénieurs passeront des décennies à en corriger les travers sans jamais en changer le principe.
Du 901 au 911
Le prototype présenté à Francfort porte le nom de 901, d'après son numéro de projet. Les premiers exemplaires de série sont annoncés sous cette appellation. Mais Peugeot, qui a déposé de longue date les numéros à trois chiffres comportant un zéro central, comme 204 ou 404, s'oppose à cet usage en France.
Porsche choisit de ne pas ouvrir de conflit. Le zéro devient un un : la 901 s'appelle désormais 911. La production commerciale démarre à l'automne 1964 à Stuttgart-Zuffenhausen, et les premières voitures livrées aux clients portent déjà leur nom définitif. Un détail administratif a donc donné son identité à l'un des numéros les plus connus du monde automobile.
Ce que ça change
La 911 ne s'impose pas en une saison. Elle coûte cher, et certains puristes de la 356 la jugent trop différente. Mais la voiture s'améliore vite : versions plus puissantes, variante Targa dès 1965, engagements en rallye et en endurance qui servent de vitrine. Surtout, Porsche décide de ne jamais la remplacer en bloc. Chaque génération reprend la silhouette, le moteur à plat et l'esprit de la précédente, de la série originale jusqu'à la 992 actuelle, que détaille la fiche 911.
Ce parti pris de continuité est devenu la signature de la marque, et le modèle sur lequel repose, aujourd'hui encore, une grande partie de son image. Pour situer la 911 dans l'ensemble de la maison, la fiche Porsche retrace l'histoire complète.
L'image qu'on en garde
Ce qui reste de 1963, c'est un trait de crayon : un toit qui descend en une seule courbe, deux phares ronds, aucune fioriture. Soixante ans plus tard, un enfant la reconnaît encore de profil, ce qui est rare pour une voiture dessinée à la table à dessin avec des règles et des calques.
Les affiches Porsche de la boutique suivent cette lignée, de la 550 Spyder aux 911 les plus récentes.


