Pagani · · 3 min de lecture
Huayra (Pagani) : histoire, caractère et évolution
Du coupé de 2011 à la Huayra R, retour sur la supercar qui a succédé à la Zonda : V12 biturbo, aérodynamique active et séries limitées signées Pagani.

Succéder à la Zonda était un pari : il fallait garder l'esprit d'atelier de Pagani tout en changeant d'échelle technique. La Huayra, présentée en 2011, a relevé ce défi avec un V12 suralimenté, une aérodynamique pilotée par ordinateur et le même goût du détail travaillé à la main.
Qui elle est
La Huayra est la deuxième voiture de série de Pagani Automobili, dévoilée au Salon de Genève en 2011. Son nom renvoie à Huayra-tata, une divinité du vent dans les traditions quechua des Andes, un clin d'œil direct au vent chaud qui avait donné son nom à la Zonda. Comme sa devancière, elle naît à Modène, dans l'atelier fondé par l'ingénieur argentin Horacio Pagani, et elle est assemblée en très petit nombre.
Histoire et évolution
Le coupé d'origine adopte un V12 de 6,0 litres d'origine Mercedes-AMG, cette fois équipé de deux turbocompresseurs. Il développe environ 730 chevaux et un couple de l'ordre de 1 000 newtons-mètres. La boîte est une transmission robotisée à sept rapports, choisie pour son poids réduit plutôt que pour son confort.
La famille s'élargit ensuite. La Huayra Roadster arrive en 2017, avec un toit amovible en carbone et un moteur retravaillé. La Huayra BC, présentée en 2016, devient une version plus légère et plus puissante, produite à vingt exemplaires. Son nom rend hommage à Benny Caiola, un collectionneur américain, client de la première heure. Viennent ensuite des séries encore plus confidentielles, comme l'Imola en 2020, produite à cinq exemplaires seulement.
Caractère et famille
La Huayra se distingue par son aérodynamique active. Quatre volets indépendants, placés à l'avant et à l'arrière, bougent en continu selon la vitesse, l'angle de braquage et l'accélération latérale. Le but est de coller la voiture à la route dans les virages et de réduire la traînée en ligne droite. C'est une approche nouvelle chez Pagani, qui jusque-là privilégiait des solutions plus mécaniques.
Le reste de la voiture garde la rigueur artisanale de la maison. Le carbone est partout, souvent laissé apparent, et l'habitacle mêle aluminium usiné, cuir et petits éléments métalliques dessinés pièce par pièce. Pour retrouver la génération précédente, on peut lire le portrait de la Zonda, dont la Huayra reprend la philosophie sans en copier la forme.
Faits marquants
La Huayra BC va plus loin dans l'allègement : environ 1 200 kilogrammes à vide, soit une centaine de kilos de moins que le coupé, grâce à un carbone-titane de nouvelle génération. Son V12 gagne en puissance, autour de 800 chevaux, et la boîte passe à une version plus rapide.
La Huayra R, révélée en 2021, change de registre. Réservée à la piste, elle abandonne les turbocompresseurs pour un V12 atmosphérique de 6,0 litres, mis au point avec le préparateur HWA, et revendique plus de 850 chevaux. Elle est construite à trente exemplaires. Ce retour à l'aspiration naturelle, à une époque où la suralimentation domine, a surpris les connaisseurs et rappelé l'attachement de Pagani à la sonorité d'un moteur sans artifice.
Design et ce qu'elle représente
La silhouette de la Huayra tient à ses portes en élytre, qui s'ouvrent vers le haut en emportant une partie du toit, et à sa ligne de flanc très creusée. Les quatre sorties d'échappement, regroupées au centre de l'arrière, prolongent le motif déjà présent sur la Zonda. De profil, la cabine avancée et la poupe courte donnent à l'ensemble un air de goutte d'eau tendue.
Elle représente aussi une idée de la supercar où la technique ne chasse pas l'artisanat : les volets actifs et l'électronique côtoient des pièces façonnées avec un soin de joaillier. Pour mesurer ce que cette philosophie doit à l'histoire de la marque, on peut aussi parcourir le portrait de Pagani.
Les lignes de la Huayra, du coupé à la BC, se prêtent bien à l'encadrement mural.


