La Challenger est le coupé musclé de Dodge : une longue carrosserie à deux portes, un capot interminable et, dessous, un gros V8 américain. Elle a connu quatre années de gloire à l'orée des années 1970, une parenthèse japonaise, puis un retour en 2008 qui a duré jusqu'en 2023.
Qui elle est
Dodge présente la Challenger pour le millésime 1970. C'est la réponse de la marque à la Ford Mustang et à la Chevrolet Camaro, arrivées bien avant elle. Elle repose sur la plateforme E, partagée avec la Plymouth Barracuda, mais avec un empattement plus long et un habitacle plus large. Le dessin est tendu, sans fioriture, avec une calandre ouverte et des flancs creusés.
Histoire et évolution
La première génération ne dure que de 1970 à 1974. La gamme est très large : un six-cylindres en entrée, des V8 de 318, 340, 383 ou 440 pouces cubes, et au sommet le 426 Hemi, réservé aux versions les plus chères. La finition R/T vise la puissance en ligne droite. La T/A, produite en 1970 seulement, sert à l'homologation de la voiture en course Trans-Am, avec un V8 340 à trois carburateurs. Le marché se retourne ensuite : normes antipollution, hausse des primes d'assurance, crise pétrolière. La production s'arrête en 1974.
Le nom revient de 1978 à 1983 sur un petit coupé produit par Mitsubishi, vendu sous badge Dodge. Rien à voir avec la voiture d'origine, et la plupart des amateurs l'oublient volontiers.
La vraie renaissance date de 2008. La nouvelle Challenger reprend les proportions et les lignes de 1970, sur une plateforme de grande berline. La version SRT8, avec son V8 Hemi de 6,1 litres et environ 425 chevaux, montre que la formule fonctionne encore.
Caractère
Au volant, la Challenger n'a jamais cherché à rivaliser avec les coupés européens sur un circuit sinueux. C'est une voiture lourde, confortable, stable, taillée pour les grandes routes et pour les accélérations franches. Son habitacle reste vaste pour la catégorie, avec une vraie place à l'arrière et un coffre généreux.
La gamme moderne se lit en échelons : V6 en entrée, puis des V8 Hemi de 5,7 et 6,4 litres, souvent associés à des boîtes manuelles ou automatiques à huit rapports. En 2015, la Hellcat installe un V8 de 6,2 litres suralimenté qui développe 707 chevaux. La Challenger SRT Demon de 2018, produite en série limitée pour le drag racing, annonce jusqu'à 840 chevaux avec un carburant spécifique.
Faits marquants
Le cinéma a beaucoup fait pour la première génération. Dans Point limite zéro (1971), une Challenger R/T blanche de 1970 traverse l'Ouest américain à toute vitesse, et le film est resté une référence du genre. En 2023, Dodge a marqué la fin de la production avec une série de versions « Last Call », avant l'arrêt de la fabrication à l'usine de Brampton, en Ontario.
Design et ce qu'elle représente
Le dessin de 1970 repose sur quelques gestes : un capot long, une ceinture de caisse haute, une poupe courte et un becquet discret. Les couleurs vives du catalogue de l'époque, comme le vert, l'orange ou le violet, sont devenues indissociables du modèle. La version moderne conserve cet héritage : phares ronds encadrés, calandre basse, hanches marquées.
La Challenger représente une idée assumée du muscle car : de la cylindrée, du volume et peu de compromis. Elle est la dernière de sa famille à avoir gardé un gros V8 à l'avant et la propulsion jusqu'au bout de sa carrière. Pour une autre lignée de coupés à gros moteur, mais japonaise, on peut lire l'histoire de la GT-R de Nissan ou celle de la Supra de Toyota.
Les formes de la Challenger, du coupé de 1970 à la Hellcat, se prêtent bien à l'encadrement mural.



