McLaren · · 3 min de lecture
McLaren : histoire, univers et modèles cultes
D'un atelier néo-zélandais des années 1960 à la F1 de route et aux titres mondiaux, comment McLaren a construit son identité autour de la course et de la technique.

McLaren est une écurie qui a fini par fabriquer des voitures de route, et non l'inverse. Cette origine explique tout : des monoplaces à la technique poussée, une couleur de course reconnaissable, et des sportives de série pensées comme des prolongements de la piste.
Origines et création
Bruce McLaren, pilote néo-zélandais et ingénieur, fonde son équipe en 1963 sous le nom de Bruce McLaren Motor Racing. Il court d'abord lui-même, au volant de voitures qu'il conçoit avec une petite équipe installée en Angleterre. En 1968, il remporte le Grand Prix de Belgique, la première victoire de l'écurie en championnat du monde de Formule 1.
Il ne verra pas la suite. Bruce McLaren meurt en juin 1970, à 32 ans, lors d'essais sur le circuit de Goodwood. L'équipe poursuit sans lui. Dans les années 1980, Ron Dennis en prend la direction après la fusion avec son propre projet, et installe une organisation exigeante, centrée sur la rigueur et la préparation.
L'univers et ce qui le rend unique
La couleur d'abord. Le orange papaya des McLaren de course, utilisé à la fin des années 1960, est revenu comme un marqueur de la marque. Il se retrouve aujourd'hui sur les voitures de route comme sur les monoplaces.
Le deuxième trait est technique. McLaren a été l'un des premiers constructeurs à généraliser la coque en fibre de carbone : la MP4/1 de 1981 en est la première application en Formule 1. Cette matière légère et rigide est ensuite devenue la base des sportives de la marque. On en parle d'ailleurs plus largement dans notre dossier sur la Formule 1.
Les modèles qui ont marqué la marque
- M6GT (1969) : un projet de coupé de route dérivé des voitures de course, resté à l'état de prototype et de très petite série.
- McLaren F1 (1992) : conçue par Gordon Murray, avec une position de conduite centrale, un V12 BMW de 6,1 litres et une coque en carbone. Elle établit en 1998 un record de vitesse pour une voiture de série, à 386 km/h.
- F1 GTR : la version de course de la F1, victorieuse aux 24 Heures du Mans en 1995 dès sa première participation sérieuse.
- MP4-12C (2011) : la première voiture de route de McLaren Automotive, nouvelle entité de la marque.
- P1 (2013) : une hypercar hybride tirée à environ 375 exemplaires.
- 720S, 765 LT et Artura : les sportives actuelles. L'Artura, présentée en 2021, inaugure une motorisation hybride rechargeable avec un V6 biturbo.
Des titres et des rivalités
L'histoire de McLaren se lit aussi dans les palmarès. Emerson Fittipaldi apporte à l'équipe son premier titre pilotes en 1974, puis James Hunt le deuxième en 1976. Mais la grande période commence en 1984 avec Niki Lauda, titré d'un demi-point devant son coéquipier Alain Prost.
Entre 1988 et 1991, associée au moteur Honda, l'écurie domine : quatre titres pilotes pour Ayrton Senna (1988, 1990, 1991) et Prost (1989), avec en 1988 quinze victoires en seize courses. La rivalité interne entre Senna et Prost, très commentée, reste l'un des chapitres les plus suivis de la discipline.
Mika Häkkinen prend ensuite le relais avec deux titres en 1998 et 1999, avant Lewis Hamilton, champion du monde en 2008. En 2024, McLaren décroche à nouveau le titre des constructeurs.
Pourquoi ça marque
McLaren garde une cohérence rare : la même exigence de légèreté et de précision d'une époque à l'autre. Le dessin de ses voitures suit cette logique, avec des surfaces tendues, des entrées d'air qui servent réellement l'aérodynamique et des portes à ouverture en élytre qui signent la silhouette.
C'est aussi une marque restée proche de sa source. Une voiture de route McLaren hérite des solutions éprouvées en compétition, et c'est ce lien direct avec la piste qui la distingue de bien des sportives plus orientées confort.
Les affiches McLaren de la boutique reprennent ces générations, des modèles historiques aux sportives actuelles.


