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Porsche · · 3 min de lecture

Le circuit du Nürburgring : histoire, Nordschleife et ambiance

Dans l'Eifel, la Nordschleife dessine 20 km de forêt et de virages. Histoire du circuit, drame de 1976 et rôle d'atelier d'essai pour les sportives de Stuttgart.

Le circuit du Nürburgring : histoire, Nordschleife et ambiance

Le Nürburgring est un circuit allemand niché dans les collines boisées de l'Eifel, à une soixantaine de kilomètres de Cologne. Il tient en deux tracés très différents : un circuit moderne pour les courses actuelles, et la Nordschleife, la boucle nord, longue d'environ 20,8 km. C'est cette dernière que les passionnés ont en tête lorsqu'ils prononcent le nom du lieu.

Un circuit né dans la forêt

La construction commence au milieu des années 1920 et le circuit ouvre en 1927. L'idée est de doter la région d'une piste de course permanente, qui serve aussi de banc d'essai à l'industrie allemande. Le tracé épouse le relief sans le corriger : montées, crêtes, compressions et descentes rapides s'enchaînent au milieu des sapins. Cette absence de compromis fait toute la singularité de la Nordschleife, qui compte plus de soixante-dix virages.

L'enfer vert

Le surnom d'« enfer vert » est associé à Jackie Stewart, vainqueur ici en 1968 sous la pluie, avec plus de quatre minutes d'avance. Le mot décrit bien le lieu : la végétation touche presque la piste, la météo peut changer d'un bout de la boucle à l'autre, et les glissières défilent à quelques mètres des roues. Il n'y a presque aucune zone de dégagement, et chaque faute se paie cher.

Le drame de 1976

Le Grand Prix d'Allemagne de Formule 1 s'y court pendant des décennies. En 1976, Niki Lauda y est victime d'un grave accident et s'en sort de justesse. La discipline quitte alors la Nordschleife, jugée trop longue pour être sécurisée correctement. Le sujet est abordé dans notre dossier sur la Formule 1. Un circuit plus court, appelé Grand Prix, est ouvert en 1984 pour accueillir les courses modernes.

Un atelier d'essai pour les sportives

La Nordschleife reste aujourd'hui un terrain de mise au point pour de nombreux constructeurs. Les ingénieurs y valident le comportement des suspensions, des freins et des pneus sur un enchaînement qu'aucun autre circuit ne reproduit. Porsche y a une relation ancienne : les 911 de série y sont éprouvées, et la marque a longtemps mis en avant ses temps au tour, comme celui de la 918 Spyder, passée sous les sept minutes en 2013. La naissance de la 911 remonte à une époque où cette boucle formait déjà le juge de paix des sportives allemandes. Nissan en a fait un argument comparable pour la GT-R, et Pagani y a mesuré la Zonda R.

Une ambiance à part

Chaque année, les 24 Heures du Nürburgring, disputées depuis 1970, réunissent des centaines de milliers de spectateurs qui campent autour de la piste. En dehors des courses, la Nordschleife est ouverte au public lors de sessions dites « Touristenfahrten » : n'importe quel conducteur peut s'y engager au volant de sa propre voiture, parmi des sportives de toutes origines. Le village de Nürburg, dominé par les ruines de son château médiéval, vit au rythme du bruit des moteurs.

Pourquoi le lieu marque visuellement

Ce qui reste en mémoire, ce sont les détails : les vibreurs rouges et blancs usés par les pneus, les glissières bosselées, les talus où les spectateurs s'installent, la brume qui s'accroche aux arbres le matin. Le décor ne cherche pas à impressionner par sa grandeur, mais par sa densité et sa tension. Une voiture qui y apparaît, phares allumés dans la lumière basse, prend immédiatement l'allure d'un outil au travail.

Le Nürburgring est l'endroit où une sportive prouve ce qu'elle vaut, avant de retrouver, pour certaines, le mur d'un salon.

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